Capitaine du vaisseau, je suis la Scylla du projet (pleins de têtes pour pleins de casquettes et une obligation de passer par moi, sauf si vous préférez Charybde…)

   

    Directeur artistique, scénographe et metteur en scène, je suis la maman de ce rejeton.


    Tonton Yves, c’était mon ancêtre vénéré, LE survivant de la famille. Cela mérite bien un petit hommage. Parce que mes ancêtres peuplent le mur des disparus en mer, il a toujours été question pour moi de parler d’eux comme les héros qu’ils étaient. Etre devenue artiste aujourd’hui me permet de le faire avec mes propres moyens d’expression.

   

    Pendant de longues années j’ai étudié les arts, sans distinction, afin de pouvoir un jour les faire se côtoyer dans mes créations. Même si je suis avant tout plasticienne, c’est la scène qui reste mon lieu de prédilection. Pas la peine de s’attarder sur ce que j’ai fait avant, vu mon jeune âge, ce qui importe, c’est ce qui vient maintenant. Mon univers est profondément onirique et poétique voire même parfois utopique… j’avoue. Je conçois mes spectacles comme des voyages avec un point de départ bien défini mais une arrivée à rêver ensemble. Embarquez-vous dans mon navire, pour celui-ci ; nous partons en Bretagne et en Islande, prochaine escale… à vous de décider.

    Premier homme d’équipage, Pierre, dans ce spectacle, a la lourde tâche d’incarner Tonton Yves. L’avantage est, qu’au travers des nombreux rôles qu’il a déjà endossés dans sa vie, Pierre est assez riche d’expériences pour nous proposer sa propre version du personnage. A 54 ans, il peut nous abreuver de ses récits d’existence, sources intarissables d’histoires, d’aventures où parfois, se mêlent fiction et réalité. Difficile même de démêler le personnage de chair et celui de vers. C’est ce qui rend son interprétation si réaliste. Il faut dire qu’il s’adapte à toutes situations, passant de films de Besson à des pièces de Valetti par les chemins sinueux du court métrage ou des « net series ».


    Né à Dakar, sa vision du monde est large et riche de sens. Son métier le pousse très souvent sur les routes, pour donner des représentations et parfois des cours, auprès d’un public très diversifié.


    C’est sur un bateau qu’il va falloir le suivre cette fois, une coque de noix tenant en son sein la vie d’une trentaine de marins. Pierre va vous embarquer sur le son de sa voix et sur les notes mélodieuses de son orgue de barbarie, prolongement direct de son jeu.

    Non, ce n’est pas une blague, l’équipage embarque de parfaits homonymes. Identiques dans leur « titre », ils sont pourtant bien différents dans leur manière.


    Pierre, lui, s’exprime avec l’éloquence des cordes de son violon pour nous conter cette histoire. De formation classique et de nature réservée, c’est dans la virtuosité de ses doigts qu’il faut voir son excentricité. Sortir de son sentier battu pour investir le monde du théâtre était son rêve, voilà qu’il le réalise pour cette épopée marine.


    Professeur dans un conservatoire à ses heures, il endosse ici un rôle bien plus inhabituel pour lui. Sa grande maîtrise de l’orchestration et de son instrument, lui permet de nous offrir tout au long de la pièce, un accompagnement à 80% en improvisations rythmées sur la dramaturgie. Il dialogue avec les notes pour le plus grand plaisir de nos oreilles.


    La sensibilité et l’ambiguïté du personnage de Tonton Yves trouvent un parfait refuge dans le style musical créé par Pierre. La mélodie sait se faire douce et fluide mais aussi dure et saccadée, grinçante à l’occasion. Le maestro de la mer se met en place, pour porter son couple scénique à l’apogée de son art.

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